Le MesoBotox (article scientifique)

Le MESOBOTOX, un concept différent de l'injection de la toxine botulique
Dr Bernard HERTZOG  (Paris)

Le néologisme « MésoBotox » est utilisé pour exprimer une autre façon de pratiquer l'injection de « Toxine Botulique » en fonction d'un certain nombre de critères qui sont propres à chaque individu.
De façon plus philosophique on dira que c'est un « processus d'esthétisation » des effets de la toxine botulique sur l'être humain.

ARGUMENTS

  1. Les arguments anatomiques :
    • Il y a une véritable complexité dans les rapports anatomiques des muscles peauciers du visage, avec souvent des imbrications qui rendent la précision de l'injection intramusculaire utopique.
    • Il y a un véritable paradoxe entre la finesse de ces muscles peauciers du visage et leur grande mobilité :
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    • Si l'anatomie des muscles peauciers du visage répond à une certaine rigueur de distribution pour tous les individus, il n'en est pas de même pour l'importance du « volume » musculaire et de la force musculaire. Les conséquences sur le morphotype du visage sont très importantes.
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    • Un autre aspect d'importance est le relief osseux sous-jacent qui peut donner une fausse impression de volume.
  2. Les arguments individuels :
    • La grande variété infinie des visages, car chaque visage est unique. Chaque individu est défini par rapport à son visage et aux expressions du visage qui affirment sa personnalité.
    • On peut observer des visages aux expressions complexes et des visages aux expressions plus simples.
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    • Le respect du désir de la patiente par l'écoute de ses préoccupations esthétiques précises qui ne correspondent pas forcément à la vision du médecin ou du chirurgien.
  3. Les arguments esthétiques :
    • Le mouvement : la paralysie totale d'un visage par la toxine botulique n'est pas franchement un gain en beauté et de façon générale garder un certain mouvement dans le visage est  plus intéressant dans l'esthétique du visage que le non mouvement. On peut certainement dire que le mouvement fait partie de la beauté et symbolise la vie en général. Par contre la paralysie est plutôt un signe de mort car le visage est généralement complètement lisse. Le visage a perdu toutes ses expressions (douleur, souffrance, tristesse, etc...) qui sont le reflet personnel de l'individu.
    • L'aspect général du visage : par exemple les reliefs osseux qui souvent servent de tenseur aux muscles (comme le piquet d'une tente) ou les zones plus dépressives comme les cernes où il ne faut jamais injecter de toxine botulique. Il faut donc tenir compte de la morphologie osseuse du visage pour réaliser un MésoBotox.
    • Un des effets du vieillissement sur l'être humain est un rétrécissement progressif de ses ouvertures sur le monde extérieur : au niveau du visage il est facile d'observer la fermeture de l'orifice oculaire et buccale. L'intérêt maximal du botox et en particulier du MésoBotox c'est de pouvoir relaxer les bons muscles (orbiculaires) et de provoquer ainsi une réouverture des orifices. Cette action se traduit par un nouvel éclairage du visage comme si celui-ci prenait mieux la lumière.
    • Esthétisation du monde : la beauté et le regard des autres. Dans ce cadre général le MésoBotox cherche à pérenniser la beauté naturelle. Cette technique va dans le sens demandé par les patientes « garder son naturel ». C'est la beauté mais sans que l'on puisse y discerner les artifices de la toxine !

INDICATIONS

Il est possible de réaliser un MésoBotox pour tous les visages mais aussi et surtout pour des zones particulières du visage, zones où la peau est plus fine et les muscles plats.
Comme toute répartition dans certains cas l'indication du MésoBotox est maximale. Ces cas sont représentés par des visages aux expressions plus complexes et dont l'imbrication du fonctionnement musculaire est évidente.
Ces cas de visages aux expressions complexes sont même une contre-indication à l'utilisation classique du botox car sur un visage de ce type, cela entraînerait des conséquences plutôt néfastes : sensation de « plombage total du visage », d'affaissement et l'aspect général devient triste, terne, creusé et figé.
Le MésoBotox doit être une « Toxine Botulique à la carte » déterminé par l'examen minutieux de la patiente.

TECHNIQUE

Réaliser un MésoBotox c'est aussi pratiquer un acte esthétique de qualité ; l'origine du mot « esthétique » vient du mot grec « aisthésie » qui désigne à la fois la sensation et la perception.

  1. Nettoyage de la peau du visage avec une solution appropriée
  2. Observation rigoureuse et minutieuse du visage de la patiente :
    • Utilisation d'un crayon dermographique qui permettra de marquer les différentes zones observées ; les zones « en plus » sont marquées sous forme de petits cercles ou avec des points, les zones « en moins » les rides et sillons sont marqués par des lignes ou du « hachuré » :
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      • L'observation attentive du visage se fait en observant mais aussi en palpant les muscles pour apprécier la masse musculaire en fonction du relief osseux sous-jacent. Pour observer le fonctionnement il faut demander au patient de réaliser plusieurs mimiques forcées qui permettent d'accentuer le fonctionnement musculaire et de montrer le degré d'imbrication des muscles. Ces mimiques sont au moins au nombre de 5 :
        1. Le mouvement de fermeture des yeux, forcé.
        2. Le mouvement d'ouverture des yeux amplifié avec élévation des sourcils : celui là a son importance pour dévoiler une tendance à l'élévation exagérée du sourcil permettant de prévenir l'effet « méphisto ».
        3. Le mouvement de « froncer les sourcils ».
        4. Le mouvement du baiser amplifié vers l'avant.
        5. Le mouvement du sourire exagéré vers le haut.
      Avant de pratiquer les injections il faut réaliser une véritable cartographie du visage :
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      illustrations d'une part de la « cartographie » du visage et d'autre part de la technique d'injection; grâce à la vasoconstriction les papules sont visualisées
  3. Technique d'injection :
    La technique d'injection de la toxine botulique correspond aux critères de l'injection mésothérapique. Il faut réaliser des injections intradermiques dans le derme moyen afin de réaliser une papule dermique de façon à ce qu'une diffusion puisse se faire. Si on réalise une injection trop superficielle la papule devient vésicule le produit reste au niveau du derme superficiel et l'effet sous jacent est quasiment nul. 
  4. Dilution de la toxine :
    Plusieurs dilutions ont été réalisées dans cette dans cette présentation en fonction de l'utilisation de la toxine :
    • Cas d'utilisation à haute concentration : on dilue un flacon de 100 U avec 1 ml de sérum physiologique. « D1 »
    • Cas d'utilisation le plus classique : la toxine est utilisée diluée par du sérum physiologique : pour 1 flacon de 100 u de « Botox », on ajoute 5 ml de sérum physiologique puis 0,15 ml de Xylocaïne à 2% adrénalinée. « D2 »
    • Cas d'utilisation dilué de la toxine : 1 flacon de 100 U dilué avec 7 ml de sérum physiologique + 0,2 ml de Xylocaine 2% adrénalinée. « D3 »
    • Cas très dilué : 10 unités de toxine pour 1 ml de sérum physiologique. Utilisation très particulière en microinjections dans les pores dilatés du nez et du menton. « D4 »
    • Cas du « Mésolift au Botox » : utilisation quasiment cosmétique de la toxine botulique. On dilue 10 unités de toxine dans une seringue de 5 ml (procaine + vit.C ). « D5 »

CAS et RESULTATS

  1. Effet d'ouverture de l'oeil par le MésoBotox. Dans ce cas classique est réalisée d'abord une injection intra musculaire de 2 unités de botox (avec D1) en un point situé au-delà du rebord externe de l'orbite là où le muscle est le plus charnu. Ensuite sont réalisées des injections intradermiques, papules (avec D2) sur toute la zone périorbitaire partie externe et partie interne prés du nez :
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  2. Effet d'ouverture sur l'œil 10 jours après la séance. Dans ce cas le MésoBotox a été réalisé en diluant un flacon de botox avec 9 ml de sérum physiologique et 1 ml de procaïne 2%. L'effet obtenu est très doux mais l'utilisation de la procaïne augmente trop la diffusion :
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  3. La patiente est « en fermeture forcée des yeux » mais elle a eu une séance de MésoBotox (avec D3) et la photo a été réalisée 1 mois après la séance. Le visage n'est donc pas complètement lissé, il y a encore des rides, le mouvement existe toujours mais l'aspect général est une grande sérénité et cette sérénité se distingue même dans le mouvement :
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  4. La même patiente à un mois d'intervalle mais en vue de profil relaxée. La photo nous montre bien l'intense relaxation du visage avec cette sérénité visible même avec les yeux fermés de la patiente :
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  5. Photo de ¾ d'une patiente à 10 jours d'intervalle ayant reçu une séance de « Botox et MésoBotox », utilisation de D1 pour la zone de la glabelle + un point du rebord orbitaire externe, utilisation de D2 pour la zone périorbitaire, et utilisation de D3 pour le front, les joues et la zone péribuccale. Le document photographique de cette patiente illustre parfaitement le résultat que l'on cherche à obtenir avec cette technique : une impression générale de remise en beauté avec un effet « serene-like » :
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  6. Cas de l'utilisation de D4. J'ai utilisé cette dilution pour le traitement des pores dilatés chez certaines patientes sur lesquelles j'avais pratiqué des Mésolifts à la Toxine Botulique et qui m'avaient signalé une nette amélioration de leur peau. Après un nettoyage minutieux, avec désincrustation des « black-points » par un tire comédon très fin, je pratique des micro-injections en cathétérisant le trou du pore avec une aiguille ultra-fine ayant un biseau court et j'injecte un peu de toxine diluée de façon à faire blanchir la peau par l'injection. Cette injection ne doit pas faire mal car on place l'aiguille dans l'espace du pore et, d'autre part, le biseau court est très important pour provoquer une résistance à la pénétration. Il n'y a donc pas de blessure cutanée et cela ne doit pas saigner !
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    Ce nez vient de recevoir en intradermique environ 4 unités de botox dilué. Le résultat obtenu sur ce type de peau est particulièrement efficace avec un effet très net sur cet aspect très désagréable de « pore dilaté ». L'indice de satisfaction est maximal.
  7. Cas de l'utilisation « cosmétique » de la toxine botulique D5 : En pratiquant un Mésolift associant par exemple procaine à 2% et vitamine C, on introduit dans la seringue 10 unités de toxine botulique. L'indication, ce sont les peaux un peu grasses qui présentent des pores dilatés ou une micro-acné. Evidemment la peau nécessite un nettoyage préalable ou une microdermabrasion avant la séance de microinjections.

DISCUSSION

Comme l'a justement précisé le Dr Lelouarn dans son article de la revue d' « Aesthetic Plastic Surgery », pour éviter une trop grande diffusion du produit : dans les muscles courts et épais, il est préférable d'utiliser de la toxine à haute concentration, et dans les muscles plats et fins, il est préférable d'utiliser de la toxine diluée. C'est déjà un peu l'idée du MésoBotox; car l'utilisation d'une toxine diluée sur un muscle court entraîne une imprécision de l'injection donc un résultat improbable par contre sur un muscle plat on préfère que le produit puisse agir justement de façon plus diffuse donc imprécise. Dans le MésoBotox il y a aussi l'idée d'une « temporisation de l'effet de la toxine » qui permet d'obtenir un résultat plus doux, l'effet « serene like » que les patientes réclament. D'autre part le MésoBotox permet grâce à la dilution d'injecter les zones des muscles orbiculaires où l'utilisation d'une toxine à haute concentration entraîne toujours des complications.

Le MésoBotox peut s'appliquer à tous les visages mais pas à toutes les zones du visage. Par contre il y a des visages où l'indication du MésoBotox est majorée et obligatoire.
En conclusion l'idée du MésoBotox dans la pratique est véritablement un « Toxine Botulique » à la carte : « A chacun sa Toxine Botulique ».

BIBLIOGRAPHIE

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Page mise à jour le Lundi, 20 Décembre 2010 22:07
 
Dernière mise à jour le Jeudi 08 Mars 2012, 03:59